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14 mars 2013

« Stéphane Chalmeau »

Autoportrait sur un pont de l'agence TETRARC
 
Il n’est pas rare de rencontrer, sur de nombreuses photos d’architecture, la signature du photographe Stéphane Chalmeau. En vérité qui est Stéphane Chalmeau et quel a été son parcours ?  Quelques détails de la vie d’un personnage discret et talentueux.

Stéphane n’est pas bavard, mais il répond volontiers à mes questions dès que j’évoque sa passion : la photographie d’architecture. 
Entre deux phrases il me raconte comment son père lui avait offert son premier reflex (Canon EOS 1000) à l’époque où Stéphane avait passé son bac français. C’était le déclic qui a appris à ce dernier à regarder autrement et qui l’a dirigé plus tard vers des études d’architecture.
Des années longues où Stéphane a appris notre discipline dans les moindre détails, une chose est sûre il ne s’est jamais désintéressé de la photo vu que son sujet de fin d’études portait sur un espace d’exposition itinérant. L’image a toujours accompagné Stéphane et a contribué petit à petit à sa réputation même s’il n’a jamais cessé de croire qu’il deviendrait un bon architecte.

Nous poursuivons la discussion et Stéphane me raconte avec une pointe d’amusement comment à l’époque de ses études, quand il développait ses photos chez lui  dans sa salle de bain et les ramenait à l’école, Philippe Ruault les regardait déjà avec un grand intérêt.

Toujours est-il que, une fois ses études d’architecture terminées, au lieu de l’embaucher comme dessinateur ou architecte, l’AIA lui proposait de faire les portraits (en noir et blanc) de ses 150 employés de l’agence rassemblés sur cinq sites en France. La photographie encore et toujours. Cette fois-ci, c’est décidé : Stéphane Chalmeau deviendrait photographe d’architecture. Le destin? Non, répond-il en souriant et il me raconte ses sentiments envers la photo de Jean-Marie Monthiers contemplée un beau jour lointain dans le magasine spécialisé « Technique et Architecture ». « Un bâtiment long, au bord de l’eau, photographié de face  en fin de journée ». Une image qui l’a fait rêver et dont il raconte encore l’effet.

Stéphane Chalmeau travaille avec l’agence d’architecture nantaise TETRARC pour laquelle il a commencé son premier reportage en 2000. Depuis, une relation de confiance s’est installée entre les deux parties et elles ne se sont plus quittées. Stéphane photographie à la fois les locaux, les chantiers de l’agence, les prototypes ainsi que leurs différentes réalisations. Un peu comme s’il faisait parti de l’agence Tetrarc.


Stéphane Chalmeau aimerait travailler avec des architectes talentueux, il a du mal à nommer quelques uns quand je lui pose la question. Trois noms se détachent de sa longue liste malgré tout : Peter Zunthor, Herzog & de Meuron et SANAA.

Stéphane aime photographier en couleurs sans triche ni retouche, il ne cache pas le contexte qui lui apporte cette attention singulière que l’on découvre dans chacune de ses photos. Lucide, il reconnaît les quelques difficultés de la profession mais comme il aime ce qu’il fait, il n’est pas prêt de s’en passer.

Passionné d’architecture et de son métier, Stéphane est un personnage réservé qui non seulement aime ce qu’il fait mais sait bien le faire aimer…

Le site de Stéphane Chalmeau: ici.

11 févr. 2013

« L’abeille et l’architecte »


Qui est derrière le blog « L’abeille et l’architecte » ?

Pas une abeille mais un architecte qui a construit l’idée des "Gérard de l’architecture" dans sa tête avant de la publier sur le web. Une pensée humoristique et caustique qui a accaparé pas loin d’un mois le petit monde de l’architecture. Mieux qu’un bilan de fin d’année pour travaux réalisés ou d’un calendrier de nouvel an qui cherche des sponsors sans arrêt, un seul papier a eu plus que 20000 votes et près de 200000 visiteurs, des architectes en majorité.

Parlons de notre architecte qui, en vérité, ne s’appelle pas Gérard mais Jérôme.
L’architecture passe-t-elle de père en fils ? Il faut le croire…
Le grand-père de Jérôme était architecte (il a travaillé entre-autres sur cinq tours à La Défense), son père est aussi architecte. En conséquent, Jérôme a suivi le chemin et a eu à son tour une activité intense dans les milieux estudiantines. Plus tard il a  co-écrit la réforme LIMADO.

Jérôme a mis dix ans pour obtenir son HMONP. Pendant ce temps, l’architecte n’a pas fait que travailler dans le domaine de l’architecture mais il a fait aussi de la politique. Politique et architecture est-ce compatible se demande-t-on alors ?
Avant Jérôme, Andrew Todd et d’autres ont soutenu cette déclaration : « L’architecture est politique ». Donc, il doit y avoir une relation…

Durant ces dix années, de l’architecture éphémère jusqu’aux projets les plus luxueux, en passant par la phase de chantier, Jérôme a acquis une conséquente expérience dans tout ce qui touche de près ou de loin à l’architecture.

Et puis le travail de Jérôme dans l’agence de Catherine Dormoy (Mention à l'Equerre d’argent 1998) dont il garde ses meilleurs souvenirs. Et enfin l’agence où il travaille aujourd’hui où il suit à la fois des études et des chantiers (32 logements dans les Yvelines et 12 logements à Paris). Une activité couplée d’un boulot de communication et de préparation de notices, bref, une nouvelle expérience qui répond à ses attentes. C’est dans cette agence qu’il trouve la vraie signification de ce que c’est l’architecture et c’est là où notre architecte aimerait progresser.

Quand on demande à Jérôme pourquoi un blog ? Il part dans une explication tout d’abord assez comique en disant que les 140 signes de twitter ne suffiront plus à dire ce qu’il avait envie de raconter et puis, une autre explication plus sérieuse suit cette dernière, un énoncé qui prend pour exemple certains  paroles de George Orwell, le romancier britannique. Et là, des mots comme « décence » et « valeurs » agrémentent ses phrases pour revenir à l’idée que la décence devrait être l’une des qualités majeures des architectes.

On comprend donc d’où vient la parodie des Gérard. Et on apprend que cette dernière serait donc la manière de Jérôme de pointer vers une discipline où l’humour n’existe pas ou plus. La preuve selon ses dires que certaines agences d’architecture mondialement reconnues et citées ont diffusé massivement cette cérémonie mordante et virtuelle. On apprend aussi que les parpaings d’or reprendront l’année prochaine, le rendez-vous est donc lancé.

A part ça, une petite pensée architecturale pour ce qui se construit aujourd’hui ? Oui, Jérôme aimerait voir le devenir des « trucs » vert-pomme. Là aussi rendez-vous dans dix ans.

Et pour conclure ?
Jérôme est un personnage souriant et idéaliste, un architecte haut en couleurs qui prend comme exemple la citation de Vignole : "L'architecture, cette tentative toujours un peu présomptueuse, de vouloir organiser le désordre du monde" 

En tout cas avec les Gérard, Jérôme n’a pas organisé le désordre du petit monde de l’architecture mais il l’a probablement rendu un peu plus « humain »…

Le site de "l'abeille et l'architecte": ici.

8 févr. 2013

« Lili l’archi »




Qui ne connaît Lili l’archi ? De son vrai nom Magali Chupeau Legoff ?
Architectes, illustrateurs et curieux d’architecture tous ont parcouru un jour ou l’autre son blog aux couleurs panachées et à la signature particulière.

Mais qui est vraiment Lili l’archi ?
D’origine nantaise, Lili a fait ses études à Rennes. Aujourd’hui elle travaille et vit à Tours.
Quand on demande à Lili pourquoi elle a choisi l’architecture ?
Elle confie qu’elle a hésité un moment entre les Beaux-arts et l’architecture mais finalement a choisi ce dernier. Et puis elle raconte son enfance à Nantes où déjà petite, elle était fascinée par le Théâtre Onyx (Jean Nouvel et Myrto Vitart) d’une part et dans un autre registre la cité radieuse de Rezé (Le Corbusier) d’autre part. Des « sensations architecturales » comme elle les appelle et en parle avec un ton très lyrique.

Chez Lili on trouve une multitude d’ouvrages sur Charlotte Perriand. Et quand elle parle de son style architectural favori, Lili cite entre autres les lignes épurées de Mallet-Stevens et de Jean Prouvé. Et des architectes d’aujourd’hui elle mentionne Chartier & Corbasson et leur astucieuse extension de la CRCI de Picardie à Amiens.

Enthousiaste quand elle parle de son métier, Lili l’archi discute aussi bien de structure que de réglementations et de normes d’accessibilité.

Et le dessin alors ? Selon Lili, au début ce n’était que pour le plaisir mais l’idée d’un blog, couplée par le cadeau d’une tablette graphique l’ont poussé vers quelque chose de plus concret : l’illustration.

Lili reconnaît aujourd’hui avoir ce besoin d’illustrer. Elle se livre au beau jeu de l’humour via ses quelques dessins qui, selon elle, valent mieux qu’un long discours.

Mais notre héroïne n’est pas seulement illustratrice, elle présente tous les quinze jours sur Tv Tours une chronique sur l’architecture et la décoration. Elle me raconte ses découvertes, ses visites et entre deux phrases, elle dévoile plaisamment comme elle est enchantée.

Lili a été récemment très éprouvée par le décès d’Andrée Putman qu’elle considère comme l’une de ses modèles.

Pluridisciplinaire comme ses références, Lili l’est déjà même si elle reste modeste. Avec le ton décomplexé et frais de son blog, elle arrive parfois avec humour et souvent avec pertinence à gravir peu à peu l’échelle de l’excellence…   

Un peu plus sur Lili l’archi c’est : ici.

5 févr. 2013

« 2:pm architectures »



Drôle de nom pour une agence d’architecture. Mais une fois que l’on regarde de près, quelle mine de projets !

Derrière cette façade (« 2:pm architectures »), se trouve trois architectes Matthieu Bergeret, Hans Lefèvre et Paul Rolland accompagnés de Sylvie Dao Duc en tant qu’assistante administrative, Sara Guedes et Sébastien Gaffari en tant que collaborateurs de projet et Felix Barroux en en tant que stagiaire.

Quand on demande au trio architectes pourquoi leur choix pour l’architecture, le même mot est prononcé à la fois par les trois: « par passion ».
Une passion qui les a ramené sur le chemin de l’architecture après avoir essayé séparément (mais pas pour longtemps) d’autres disciplines plus techniques et transversales. Cette affection pour leur métier se traduit aujourd’hui par une complémentarité et une richesse inégalable vu que les trois associés ne sortent pas des mêmes écoles d’architecture et ont chacun sa propre expérience dans des agences d’architecture avant leur collaboration.

Et depuis, Matthieu, Hans et Paul ne s’arrêtent pas de s’interroger sur les projets et leur contexte en apportant des témoignages et proposant des évolutions. Pour cela de multiples propositions venant de divers horizons ont retenu leurs attentions.

Ainsi, les architectes ont exploré à la fois les workshop (cinq en tout), ont obtenu plusieurs distinctions à des concours nationaux et internationaux et ont participé à des conférences et des installations pour enrichir encore plus leurs expérimentations.

« Notre production est éclectique, fourre-tout ou plutôt fouille-tout » déclarent-ils avec énergie. Un point positif qui montre la pluralité de leur production.

Parlons « style architectural » alors, quand je leur demande s’il existe un genre particulier que l’agence peaufine plus que d’autres, les architectes répondent en une seule voix : « Aucune ». Pour 2 :pm architectures, le fait de ne pas avoir un style en est un. De la philosophie en architecture ? Non, tout simplement une détermination de répondre au cas par cas, le style viendra probablement plus tard ou pas.

Par contre la discussion du trio sur la manière de qualifier le vide et le plein en architecture est assez intéressante ; ils se posent beaucoup de questions sur le rapport intérieur-extérieur et la manière d’approcher l’architecture contemporaine.
 
Un matériau fétiche pour 2 : pm architectures ? « Non, mais une mise en œuvre des matériaux » me répondent-ils. En architecture, la maquette reste leur chouchou qui selon les architectes matérialise le projet. Il ne faut pas s’étonner donc qu’ils réussissent tellement dans les présentations au sein d’un workshop.

On continue à discuter et j’apprends que nos architectes essayent par tous les moyens d’enjoliver l’architecture et les architectes aux regards d’autrui. D’après eux le manque de confiance envers l’architecte existe encore dans nos sociétés et cela depuis les Beaux-arts, des idées reçues difficile à changer. Ils essayent donc de démontrer que penser et bâtir vont de pair même si derrière les deux actions se trouve une seule personne : l’architecte.

Pour Matthieu, Hans et Paul des programmes atypiques tels les halles de marchés pour une petite municipalité ou des trinquets que l’on voit partout au pays basque font partie de projets qu’ils aimeraient réaliser. Les aspirations de l’agence semblent être donc, aussi inhabituelles que leurs divers projets.    

2 :pm architectures est tout d'abord une équipe soudée qui met en avant une nouvelle manière de voir les choses en architecture. A mi-chemin entre réserve et audace leur travail est un joyeux mélange de circonstances…

Le site de 2 :pm architectures : ici.

23 janv. 2013

« VHYB La Ville Hybride© »


C’est le portrait d’un blog « La ville hybride© » et de son créateur Michaël Silly.

Que se passe-t-il si la ville déjà construite se mute vers une autre qui intègre à la fois la nouvelle donne environnementale et subit de gros changements dans des sujets cruciaux qui constituent l’essence même de nos cités ?

L’une des réponses nous est donnée par Michaël Silly qui depuis bien longtemps concentre ses recherches sur tout ce qui touche à la ville. Cet ancien élève du CELSA, devenu sociologue nous délivre via son blog un espace de discussion trans-disciplinaire dans une société qui selon lui est devenue fragmentée et hyper-spécialisée.

La cité selon Michaël est cette structure d’un genre nouveau, atypique et recomposée qui mixe l’inventivité des solutions urbaines, l’information produite par l’état et les nouveautés technologiques mises à la disposition des habitants de la ville.

« VHYB La ville hybride© » a donc une mission, faire réagir les différents acteurs de la société (artistes, entreprises, associations) en créant une phase de pré-programmation dont le but serait une ville nouvelle qui se caractérise par l’union de l’art et de la science.

Serait-ce une pure utopie ou bien la première pierre d’une réflexion sur la future orientation des villes ? 

Pour plus d'informations, découvrir:  VHYB La ville hybride©

22 oct. 2012

« Alia Bengana »


Dès son enfance, Alia Bengana a apprécié l’architecture. Les parents d’Alia, à l’époque, ont fait le choix de vivre dans une maison réaménagée par leur ami, Fernand Pouillon. Plus tard, un jeune architecte s’est installé dans un local prêté par la famille d’Alia et cette dernière aimait bien y contempler les maquettes des projets.

En architecture, Alia possède un parcours atypique et riche. Elle a vécu un an en Chine où elle a travaillé pour une agence australo-chinoise, une expérience dont elle garde de bons souvenirs. Rentrée à Paris, l’architecte a continué de travailler sur des projets internationaux, notamment en Algérie d’où elle est originaire mais également ailleurs. Lors de ses séjours, Alia a tissé de divers liens à l’étranger, d’où son goût pour des grands projets.

Quand on demande à Alia si le retour à Paris n’était pas difficile, elle répond que malgré la conjoncture, aujourd’hui elle prend plaisir à concourir pour différents projets français.

L’architecte envisage de faire une formation spéciale d’architecture en bois, parce qu’elle préfère le bois à d’autres matériaux avec lesquels elle a déjà œuvré.  

Alia Bangana pense être influencée par Alvaro Siza, Edoardo Souto de Moura et l’espagnol Josep Llinas chez qui elle a travaillé en 2001. Aujourd’hui, devenue elle-même architecte, Alia continue à lire les monographies de ses architectes préférés, même si depuis, elle a ajouté à sa liste de nouveaux noms connus dans le monde du design comme la japonais Nendo ou les frères Bouroullec.

Si on lui donnerait un jour le choix, Alia aimerait concevoir une école ou une crèche. Les lieux de l’évolution de l’enfance la fascine et elle trouve très intéressant de travailler sur des thèmes similaires qui aident les enfants à grandir ainsi que de comprendre le monde qui les entoure.

Alia Bengana est une architecte pluridisciplinaire qui sait aussi bien imaginer un mobilier que construire une maison, son parcours ainsi que ses projets révèlent une architecture fonctionnelle, sobre et soucieuse des détails…

Le site d’Alia Bengana : ici.
Son dernier projet où elle imagine Paris en 2037 : ici.

27 janv. 2012

"Arnaud Cohen"





On se trouve à 20 Rue de Thorigny, Paris devant la galerie de Laure Roynette. Une galerie d’art, deux vitrines vides et quelques néons de couleurs rose et bleu. Des écritures, en anglais, qui lancent le ton et racontent l’histoire avant l’histoire. Un conte? Non, il s’agit de l’art contemporain dans toute son abstraction et toute sa splendeur.

L’artiste est là pour expliquer, développer et faire visiter sa dernière exposition parisienne intitulée : « Ruins of Now ». Dans cet espace immaculé, des ruines tout aussi étincelantes, des colonnes argentées et morcelées sous formes de bouteilles de Coca-Cola, qui représentent l’univers dans lequel nous fait plonger l’artiste. Toute une métaphore. Une immersion immédiate dans sa pensée, ses différents points de vue et sa manière de voir les choses. Quelques clins d’œil à son enfance et à d’autres artistes qui ont influencé son parcours viennent agrémenter ces quelques œuvres dispersées.  

Au fur et à mesure qu’on avance dans cette visite qui détaille différentes maquettes, nous nous confrontons à des objets iconiques que l’artiste a choisi comme une base pour son travail.

Arnaud Cohen fait partie de ces artistes qui refusent de créer, ses travaux représentant des fragments qu’on trouve toujours dans la vie quotidienne et qui lui servent de messages. Des morceaux modifiés, parfois même convertis qui portent malgré tout son unique signature. Ses œuvres parlent de notre société actuelle tout en faisant des clins d’œil à l’Allemagne des années 30 ou la France des années 70, deux époques fortes et à la fois  représentatives.

Enfin, Arnaud Cohen sait brillamment via ses œuvres fixer les lumières sur une réalité vue, vécue et sentie mais
constamment négligée…

Pour mieux comprendre le travail de l’artiste, lire la critique suivante.

17 janv. 2012

« Valeria Eva Rossi »


Elle est née à Carrara (en Toscane) une ville mondialement connue par sa grande richesse : le marbre. Un matériau que Valeria affectionne plus que d'autres, serait-ce dû à ses origines ?

Devenue architecte à Florence, elle a travaillé d’abord à Turin, une ville où elle a pu mettre en œuvre ses différentes idées surtout dans le domaine de l’architecture intérieure. Depuis, elle a exercé en Toscane et à Lyon en France où elle vit actuellement.

Bien que Valeria Eva Rossi aime l’architecture de Tadao Ando, ses volumes entrelacés et la manière dont la lumière y est véhiculée, quand on lui demande de quel genre d’architecture te sens-tu proche, sa réponse vient avec des exemples plutôt philosophiques. Ses citations nous plongent dans l’univers d’un Jacques Derrida qui a su manier à merveille des oppositions comme l’intérieur et l’extérieur, le sensible et l’insensible, le sens et le non-sens en un mot le rationnel et l’irrationnel.

Quand Valeria parle d’architecture, des mots comme « mouvement », « fluidité » et « désir d’habiter » reviennent souvent. Pour elle, l’architecture ou le design devraient engendrer des lieux ou des objets qui invitent à voyager vers un univers unique.
 
Parce que les conceptions de Valeria ne s’arrêtent pas à l’architecture, sa première collection d’objets de design s’intitule « Collection Baleines » où l’inspiration des formes de la mer se mêle à son amour pour le marbre. C’est une autre manière de faire communiquer ce matériau, dit-elle.

Passionnée également par la pierre, en 2011 elle lance une collection de bijoux en travestin toscan et en argent et crée sa propre entreprise « pietraquadra » pour la création de bijoux inédits, bien sûr en pierre. D’ailleurs selon Valeria « La pierre porte en elle-même les anticorps à la vacuité ».

Et l’architecture ? Pour Valeria Eva Rossi, l’architecture et le design deviennent de plus en plus complémentaires…

Les sites de Valeria Eva Rossi: ici et .

4 janv. 2012

« SML »



Chez Marc Sirvin l’architecture est une histoire de famille, un héritage qui se transmet depuis quatre générations, Marc le raconte et il semble fier. Lui si attiré par la peinture et les arts plastiques, a choisi finalement l’architecture tout en gardant un œil bien ouvert vers les autres disciplines qui gravitent tout autour.

De ses différents séjours à l’étranger (un séjour à Mexico pour un stage d’architecture d’intérieur et un travail acharné dans plusieurs agences internationales d’architecture à Shanghai) Marc garde des souvenirs qui ont forgé sa manière de pensée et ont guidé plus tard ses choix architecturaux.

Quand on lui demande de parler de son expérience professionnelle française, des noms comme Nicolas Michelin, Renzo Piano et Manuelle Gautrand sont cités. De la transformation d’un ancien théâtre (dessiné déjà par son arrière grand-père) jusqu’au projet d’une tour à Turin en passant par le projet de la tour Ava, Marc a accumulé les expériences jusqu’au jour où la décision d’ouvrir sa propre agence est devenue une évidence.

Aujourd’hui il dirige sa propre agence « SML » (Small, Medium, Large) avec Clémence Eliard, un bureau d’étude pluridisciplinaire, où ils travaillent à la fois sur des projets d’architecture, d’architecture d’intérieur et de design.

Quand on demande à Marc qu’est-ce qu’il aimerait concevoir, la réponse vient très vite, un musée d’art contemporain. Il explique cette préférence en se référant à Beaubourg qui l’a toujours fasciné ainsi que d’autres musées moins institutionnels et connus. Finalement c’est une réponse tout à fait prévisible venant d’un personnage qui apprécie tellement tous les arts…

Le site de "SML Global Design": ici.

1 déc. 2011

« AAVP »


Il vient de recevoir la mention à l’équerre d’argent du prix d’architecture 2011 du Moniteur.

Ma discussion avec Vincent Parreira remonte à un petit moment. Dans son bureau, au milieu de ses maquettes éparpillées ici et là, malgré un emploi de temps chargé, Vincent a pris le temps d’étaler chacun de ses projets. Un entretien intéressant qui m’a appris beaucoup sur sa manière de travailler.

« Mes goûts architecturaux doivent beaucoup à mes origines portugaises » m’avait confié Vincent Parreira avec détermination. Dans ses divers projets, son architecture s’avère être un travail minutieux de détails et de formes qui nous renvoient parfois vers une certaine conception vernaculaire de l’architecture. Sa démarche est avant tout un total respect pour la mémoire et le passé de la parcelle où on lui a demandé d’implanter ses constructions.

On a déjà entendu parler de quelques-uns de ses projets, de RAG à TINO en passant par ATOLL et MAN, des idées qu’au fur et à mesure des années Vincent a su peaufiner du croquis jusqu’au chantier. Mais il existe d’autres projets, peut être encore que des idées, que l’architecte est en train d’étudier.

Toujours est-il que pour Vincent Parreira l’architecture est cette relation complexe entre les demandes d’un client et le prix d’une construction, selon lui, c’est à l’architecte et à lui seul que revient ce rôle difficile de décideur et si on le laisse faire l’architecture ne s’en sortira que triomphante…

30 mai 2011

Maurice Padovani




Dès son enfance à Marseille, une visite à l’unité de Le Corbusier était le déclencheur de cette perception de l’espace architectural, une étape inconsciente qui marquera son parcours professionnel 30 ans plus tard. Après l’éducation nationale où il a passé près de dix ans, alors qu’il avait envisagé, avec un ami, la création d’une ligne de mobiliers, on lui a demandé l'élaboration d’un concept pour une boutique en franchise. C’était le premier pas dans l’aménagement de l’espace, une démarche dans le monde du design qui depuis ne s’est plus arrêtée.

Quand on demande à Maurice quel genre de matériau il aime utiliser dans ses conceptions, il répond qu’il n’a pas de matériau de prédilection. Et bien qu’il aime le béton et le bois de cèdre, pour lui à chaque matériau sa place suivant l’effet qu’il procure. Entre deux phrases, il confie qu’il préfère la conception à un travail suivi d’un chantier qui se révèle de plus en plus contraignant. Les difficultés qu’il évoque ne sont que révélateurs de cette route épineuse et longue que prend naturellement chaque architecte pour pouvoir réaliser ce qu’il entreprend. C’est pourquoi pour lui, le design et plus précisément le mobilier est devenu cette panacée, la lignée où loin de toute prétention on peut aussi bien créer et se découvrir.

Quand on lui pose la délicate question de l’architecture contemporaine, il répond en toute spontaniété : « C'est une tarte à la crème, mais comment faire sans Palladio, Ledoux, Corbu, Mies, puis Barragan, Murcutt, Souto, et peut-être plus que tous, Zumthor? »

Toutefois et en dehors des quarante boutiques parsemées sur le territoire français, Maurice Padovani a à son actif une exceptionnelle chapelle, entre subtilité et sérieux, qui nous transporte vers une architecture où la simplicité fait corps avec l'émotion dégagée. Citons aussi entre autres, la conception de cette maison qu’il fait visiter chaque année durant les "journées de la maison contemporaine" et qui pour lui serait une manière de raconter son parcours, de commenter et de scruter comme un spectateur étranger ce travail accompli qu’il a tant perfectionné…

Le site de Maurice Padovani: ici.

5 mai 2011

"Cyril Sancereau"

On a souvent rencontré ses photos d’architecture que ce soit dans des magazines spécialisées ou des expositions. Après des études d’architecture et les Beaux-Arts, Cyril Sancereau a multiplié les expériences en assistant plusieurs artistes (comme Jordi Colomer) et en collaborant avec d’autres (comme Loïc Touzé). 

La relation mentale et physique de l’homme avec l’espace a toujours intrigué cet artiste qui a trouvé finalement dans la photographie d’architecture les réponses à ses questionnements.

Quand on lui demande quel genre d’architecture il aime photographier, la réponse vient très naturellement, tous du moment où l’image aide à s’approprier l’espace. Il se confie entre deux phrases qu’il souhaiterait aller au Japon à la rencontre de l’architecture de Sou Fujimoto et de SANAA qui, on le sait, possèdent à leur actif un panel vaste d’un genre unique.

Cyril aime la photo en couleur car suivant lui c’est « la meilleure façon de restituer la diversité actuelle des matériaux et des traitements utilisés ». Dernièrement, sa rencontre avec l’agence d’architecture PO & PO a marqué positivement son travail. L’idée de pousser au plus loin les qualités du logement  individuel dans le logement collectif l’a séduite.

Aujourd’hui, cet inconditionnel de l’art aimerait élargir son travail pour d’autres horizons qui mettent en avant ce subtil mélange de l’intérieur et de l’extérieur dans l’architecture. Et pourquoi pas, une délectable virée vers l’autre côté de ces murs qu’il a toujours photographié…

28 mars 2011

« FAA »

 © Vincent Dessailly
« FAA », une agence pourtant jeune mais qui en peu de temps a su s’imposer sur la scène architecturale française et mondiale.

Franklin Azzi appartient à cette génération qui associe structure, image 3D et technologie. Pour lui, l’architecture devrait tout d’abord répondre à certaines exigences, un programme imposé est comme un terrain dont il essaye de découvrir toutes les possibilités d’exploitation.

Son architecture  reflète son personnage, un univers pratique où la technologie, l’ingénierie et l’art vont de pair. Pour Franklin, l’architecte devrait, comme un chef d’orchestre ou un producteur de film, coordonner plusieurs connaissances et différentes disciplines dans le but de faire un ensemble fort, cohérent et indissociable du lieu.

Ses réalisations aux programmes variés, des plus petits au plus vastes, montrent la polyvalence et le pragmatisme de leur architecte. Du salon de coiffure parisien jusqu’au pavillon de Lille pour l’exposition universelle de Shanghai en passant par le Liban, la Grèce ou l’Inde, ses projets diversifiés ne sont que les témoins d’une architecture intelligente et soignée.

Mathématicien dans l’âme, objectif quand il parle de la ville en général, réaliste quand il aborde certaines contraintes, le personnage de Franklin Azzi reste néanmoins sensible à l’art de construire…

Un autre portrait rédigé par Milena Chessa pour Le Moniteur, se trouve: ici.

11 mars 2011

« JFD »


Que ce soit sur Le Moniteur ou sur le blog « Détours d’architecture » on a souvent croisé ces trois lettres sans vraiment chercher qui se cache derrière. Jacques-Franck Degioanni, architecte et chef de rubrique "architecture" du Moniteur a pour une fois bien voulu jouer le rôle inverse, répondre au lieu d’interroger.

Depuis son plus jeune âge il a aimé être journaliste, cependant pour y arriver JFD ne prendra pas le chemin le plus facile ni le plus direct. Une parenthèse littéraire, un passage par les Beaux-arts, un beau jour il se retrouve architecte. Depuis, il reprend la direction de l’écriture et c’est dans le journalisme spécialisé dans l’architecture qu’il trouve finalement sa vocation.

Critique et circonspect, quand on lui demande son avis sur l’architecture française, il trouve toujours les mots justes pour expliquer diverses lacunes, dévoiler quelques incohérences et tirer certaines conclusions.

Son regard sur l’édifice passe avant tout par une vision globale, la place que prend l’architecture dans la conception des cités est l’un des points importants pour JFD. Cet « observateur de la ville en mode 3D » trouve une véritable attirance dans les villes escarpées. Pour lui, architecture, littérature et imaginaire se complètent, « les romans révèlent l’autre facette de notre métier », dit-il avec enthousiasme.

Admiratif devant les architectes passionnés qui ne se plient jamais face aux difficultés et portent le lourd fardeau d’un projet pendant plusieurs années, il préfère « voir le beau côté de ce métier », dit-il en s’amusant et bien sûr, cela se passe pour lui, en écrivant.

Enclin vers l’architecture suisse, rigoureuse et soigneuse des finitions, JFD a du mal à concevoir l’architecture qui s’impose « pour le geste, suivant ses dires », il cherche le pourquoi de chaque élément, remet en question le raisonnement de chaque espace, la place de chaque détail.

Perfectionniste et exigeant le journaliste connu qu’il est se révèle être un fin architecte…

23 févr. 2011

«Christian Pottgiesser Architectures Possibles »

C’était il y a quelques années, la maison Galvani à peine sortie de terre avait déjà charmé une grande partie des passionnés d’architecture. On la prenait comme exemple à chaque fois qu’on discutait d’un bâti qui a pu franchir autant de contraintes pour un résultat des plus spectaculaires.


Plusieurs années plus tard, après avoir décidé d’exposer divers portraits d’architectes sur ce blog je me suis présentée chez Pascale et Christian Pottgiesser et j’ai dit : « Je ne suis pas journaliste, je suis architecte », « Je suis un architecte allemand » dit-il.
Un peu plus tard, en parlant de la "French Touch",
« Je ne suis pas architecte, j’ai étudié aux Beaux-arts » dit-elle.


A l’image des employés de l’un de leur projet qui se trouve à Paris, Pascale et Christian semblent travailler dans une bulle. Ce monde à part où l’architecture serait un mélange d’ingénierie et d’art, un univers unique et expérimental qui va au-delà d’une simple image véhiculée par une seule discipline.


Je comprenais mieux cette touche caractéristique qui accompagne la griffe de Christian Pottgiesser dans ses projets. Je saisissais aussi la réaction d’autrui vis-à-vis de ses conceptions. Pour lui, l’architecture est synonyme d’« Architectures possibles ».


Il existe encore des facettes non exprimées et non expérimentées par ces deux artistes. Bien que leurs conceptions soient la réponse directe à ces contraintes et leurs réalisations la solution la plus adaptée à ces contextes, l’architecture reste un terrain peu connu à explorer où toutes les découvertes seraient encore possibles…

16 févr. 2011

"AIR"

Architectures, Ingénieries, Recherches, trois mots, deux personnages et une seule agence.

On a beaucoup parlé de leur architecture colorée, fraîche et joyeuse, de leurs crèches qui font la joie des enfants, de leur hôtel (Olivarius) à l’intérieur soigné et aux détails marquants. On a souvent mis en avant leur engagement pour une architecture positive, responsable et des matériaux de qualité. On a cité l’ingénierie qui complète l’architecture dans leurs réalisations. On a même discuté de leur complémentarité et pourtant…

Restées inconnues, certaines conceptions simples et essentielles, construites et en phase de finition, dévoilent l’autre facette de cette agence qui vient de fêter ses dix ans. Cyrille Hanappe et Olivier Leclercq forment ensembles les piliers de l’agence AIR depuis tout ce temps.

Dans leur bureau, parmi les projets étalés, notre discussion concernant ces quelques conceptions était de courte durée, Olivier expliquait et Cyrille écoutait, quand l’un manquait les mots l’autre continuait, jamais de la même façon, toujours avec le même enthousiasme. Tous les deux accueillants, confiants à l’avenir de leurs constructions et fiers des idées qu’ils présentent.

« Un lieu d’hébergement pour de jeunes adultes autistes qui font leur premier pas vers l’autonomie », « Création d’un CATTP «Art Thérapie» », « Hôtel Thérapeutique (11 lits) CATTP », des constructions rigides mais délicates, simples mais pleines de sens, des bâtiments utiles traités avec la plus grande attention, des équipements urbains loin d’être quelconques, de quoi faire réagir tout curieux d’architecture.

Des projets discrets qui ont échappé à la grande publicité. Et pourtant…