3 déc. 2008

La ville exemplaire?

Depuis un moment, précisément depuis l’annonce de la conception de plusieurs tours à Paris, les réactions et les commentaires s’enchaînent. Tous les journaux spécialisés en parlent. On en parle même sur plusieurs sites internationaux. Les réactions de certains grands architectes se sont entendues. Tout le monde semble concerné par des questions qui touchent finalement bon nombre d’entre nous : La densification, l’étalement urbain, les places publiques, l’urbanisation nouvelle et d’autres…

Pour certains la solution idéale de la densification des villes et leur non étalement, serait la construction des tours. Une nouvelle génération de tours qui deviendrait à la fois, un lieu de travail, un lieu d’habitation et un espace publique. Le tout dans une logique d’empilement au lieu de l’étalement. Alors que d’autres sont toujours pour une qualité de vie meilleure dans une logique de fractionnement, où chaque maison aurait son jardin, loin de la pollution des villes et où on introduirait une nouvelle forme de ville, la ville à l’horizontale. Pas comme les villages d’autrefois pensés selon la typologie de la ville autour d’une place publique, une ville sui s’étend et qui grandit mais une création pièce par pièce de nouvelles villes et de quartiers entiers, le tout orchestré par un urbanisme d’un genre nouveau.

C’est un sujet très vaste qui mérite plus d’un article, c’est pourquoi je vous invite à lire l’une de ces chroniques qui détaille une ville nouvelle et son récent urbanisme. Une ville crée sur une jeune trame où on pourrait trouver des éléments du passé, un article qui décrit entre audace et méfiance cet urbanisme qui serait la solution selon certains de « La ville exemplaire ». L’article se trouve par ici.

Un autre article tout aussi caractéristique qui traite avec humour et réalisme l’une des questions importante de notre société, ce même urbanisme nouveau, recherché par certains et décrié par d’autres, on le trouve par .

Finalement, on se demande, quelle serait La bonne solution, les tours ? L’urbanisme de l’étalement mais pas n’importe lequel ? Ou tout simplement, la cohabitation d’une nouvelle architecture avec l’ancienne, peu importe la hauteur, une proximité pas trop voulue mais qui, tout en préservant l’ancien, le complète, en ajoutant la valeur de celui-ci. Un voisinage où on pourrait apercevoir une nouvelle génération d'immeubles et une architecture audacieuse, respectueuse de son environnement et de ses valeurs, une architecture actuelle qui sera le patrimoine de demain, qui fera rêver et sera un bon exemple pour les générations à venir…

La photo vient de ce site.

16 commentaires:

Scrapper's Run a dit…

L'éternelle question...
Nous pouvons varier et réaliser autant de formes urbaines que nous le souhaitons, ça ne résoudra en rien les problèmes de fond.
La forme reste secondaire face aux comportements sociaux.
Nous pouvons vivre agréablement dans une tour et se sentir mal à l'aise dans un pavillon et son petit jardin...
Barre, tour ou maison individuelle : peu importe, ce qui compte c'est le "savoir vivre ensemble". Le calme d'un lieu et sa petite vie commerçante...
L'influence réelle de l'architecture sur l'homme vient principalement de l'art de composer et de sculpter volumétriquement & plastiquement un projet.
Pour ma part, je préfèrerai vivre dans une barre HLM bien conçue et proportionnée que dans un pavillon & son "petit jardin" sans âme et sans identité propre...

Sipane a dit…

Une réponse subjective, qui suit les goûts et les couleurs de chaque individu. Où l'architecte a un rôle à jouer mais pas que lui, toute la société s'y mêle. Et comme tu dis une question éternelle.
Je trouve que tu as raison dans ton approche, surtout les habitations sans âme ces derniers temps sont de plus en plus nombreux, mais malgré tout certains trouvent leur bonheur, paradoxal? peut être.

Merci Scrupper's run pour tes réflexions:-)

sheily a dit…

Comme Scrapper's Run, je pense que bien plus que le contenant, c'est le cadre de vie qui prime avant tout. On peut vivre dans un petit studio, mais dans un quartier tellement agréable qu'il fait bon rentrer chez soi (je sais de quoi je parle).
D'un point de vue purement esthétique, je suis pour le mélange des genres: ancien, récent, maison et tours devraient pourvoir se côtoyer, pour le plaisir des yeux.

Nicolas a dit…

Très intéressants articles que tu nous propose en lien. Merci pour la revue de presse.

marco a dit…

"Dans une ville, tu ne te réjouis pas de ses sept ou septante-sept merveilles, mais de la réponse qu'elle donne a tes questions" (Italo Calvino, Le città invisibili)

Chacun d'entre nous attend de la ville quelque chose de différent: il y a ceux qui veulent un gros jardin pour laisser ses enfants jouer pies nus, il y a ceux qui aiment sortir à pieds pour faire ses courses et y rencontrer son voisin, ses copains, l'amour de sa vie, il y a ceux qui aiment disparaître au milieu de la foule... chacun aura une idée différente de la ville, et chacun construira une ville différente.

Scrapper's Run a dit…

Non, ce n'est pas paradoxal...
Pour illustrer mon propos :
1-problème de culture > tu ne peux vouloir acheter une Audi R8 si tu ne sais pas qu'elle existe ;
2-problème de budget > tu ne peux pas acheter une Audi R8 si tu n'as que les moyens d'acheter une Tata Nano ;

En France, la culture architecturale est mal véhiculée, et seules les anciennes constructions sont réputées... car la France vit encore dans sa glorieuse Renaissance et son XIXème siècle... :s

Pour ce qui est de ma participation, c'est moi qui te remercie, j'aime bien ton blog & ses sujets, qui me permettent de compléter ma culture en découvrant des choses que l'on ne voit pas toujours dans les actus du bâtiment.
& un grand bravo pour ta régularité! ;)

Sipane a dit…

Moi aussi je suis pour une cohérence dans l'ensemble tout en construisant des tours et des maisons, pour faire une ville il faut un tout.
Merci Sheily.

Sipane a dit…

Nicolas,
Merci pour ta visite:-)

Sipane a dit…

Marco,
Chacun construira une ville différente dans son imaginaire mais la réalité est tout autre.
Il va falloir que j'approfondisse et je parle un jour de La "citta invisibile".

Fabien B. a dit…

Je partage pour beaucoup l'idée de Scrapper's run. Ce sont les gens qui décident de la ville, c'est le "vivre ensemble" qui la fait.

Mais en fait la question que tu pose Sipane, c'est celle de l'existence d'une bonne et d'une mauvaise ville.

La bonne ville en gros : dense, avec des transports en commun, des commeces de proximité, sécurisée, etc... Soit les théories du "new urbanism", les idées défendues par tout ce qui touche le développement durable, et aussi les idées véhiculées dans les écoles d'archi ^^.

Et puis la mauvaise ville : la ville automobile, la ville américaine, avec ses pavillons et ses centres commerciaux, sa diffusion en tache d'huile, son individulité exacerbée... et dont on parle (qu'on dénonce) depuis au moins 40 ans sans pour autant avoir pu arrêté à la stopper, et qui de fait constitue la majorité de notre espace urbain.

C'est parfaitement antagoniste.

On peut se demander au passage pourquoi les gens semblent vouloir la "mauvaise" (je la met entre guillement quand même) ville , avec ses pavillons a jardin et ses grandes surfaces... : par mimétisme des classes sociales aisées (ex bourgeoisie), par culture de masse, par mode... ?

Et pourquoi aujourd'hui on impose petit a petit la ville "idéale" (sans la réaliser réellement non plus puisque tout dépend de la bonne volonté des habitants à faire la ville) ? Il y a bien sur les questions à l'origine du développement durable derrière ça : le réchauffement climatique, la disparition des ressources naturelles, la crise de l'énergie qui nous pend au nez.

On peut considérer d'ailleurs que c'est cette dernière qui a joué pour beaucoup au développement de la ville automobile en rendant les déplacements sur des distances plus grandes possibles et surtout faciles !


On ne peut pas savoir vraiment aujourd'hui des deux formes de la ville laquelle continuera d'exister. Peut-etre les deux, peut-etre ni l'une ni l'autre...


Quant à la forme qu'on lui donne : tout est possible mais dans la réalité elle est extrêmement contrainte - par le manque de culture générale de la ville et de l'architecture, par le marché, par l'histoire locale, par l'argent, par la consensualité, par le contexte, par la lourdeur administrative, etc.

La ville exemplaire reste une utopie.

ville-nouvelle.net a dit…

La ville de nos rêves est une chose, la ville réelle est une autre, et réunir les deux visions est une des tâches des architectes. (http://tinyurl.com/cohousing)

En ce qui concerne la taille des bâtiments, je m'aligne à la position de François Marthaler (http://tinyurl.com/contigu). Pour densifier la ville, la construction des tours est peu efficace, car les nuisances (ombre portée, besoin d'infrastructures) deviennent plus importants que les avantages. Mieux serait de densifier les zones à faible densité (zones pavillonnaires, centres commerciaux), pour arriver à des densités comparables à celle de la Paris Haussmannienne.

Sipane a dit…

Non, Fabien je n'essaye pas de faire, comme dans les écoles d'architecture, le parallèle entre la bonne et la mauvaise ville, tout simplement parceque pour moi partout il existe quelque chose de bien et de mauvais, les deux étant justement subjectifs, il ne faut pas tomber dans le piège de dire celui-là est le meilleur. A chaque mode de vie correspond une typologie qui soit ou non appréciée par l'autre. Ici, en donnant l'exemple des pavillons, je pose la question de la diversité d'une ville aussi, sa capacité d'avoir à la fois les tours et les pavillons, le tout dans une logique bien conçue. Et pour ce qui est le développement durable, il peut exister même dans les villes denses ou avec les tours parceque l'étalement urbain n'a pas encore montré son exemplarité. Et quand tu dis que la ville exemplaire c'est une utopie, c'est vrai mais c'est à l'homme aussi de faire tout pour s'approcher le plus possible de ces utopies.
Merci pour ton commentaire.

Sipane a dit…

Marco:
Je suis tout à fait d'accord avec toi, s'il existe encore des endroits à faibles densité, dans certaines villes, on a utilisé tellement la superficie existante qu'à un moment donné on est bien obligé d'utiliser la hauteur, pas pour la beauté du monument haut mais parfois par nécessité. Et c'est là qu'il faut trouver le compromis de construire des tours "utiles" pour compléter la ville.

P.S. Ton site anglais est aussi bien que le français:-)
Merci pour tes commentaires.

Fabien B. a dit…

"je n'essaye pas de faire comme dans les écoles d'architecture,... "

Ce n'est pas ça Sipane ^^... ce que je disais c'est que dans les écoles d'architecture le message qu'on fait passer est celui de la ville dense, comme une ville vertueuse (ce qui ressemble aux théories du développement durable), etc... et on ne parle quasiment pas de la ville étalée...

Sipane a dit…

Alors que ce qui se construit par ailleurs ressemble fortement à une ville étalée, bizarre, non? :-)

Fabien B. a dit…

exactement... ^^