12 déc. 2008

"HQE"

Aujourd’hui dans tous les journaux d’architecture, partout sur les sites spécialisés, dans presque tous les livres de construction, l’acronyme « HQE » apparaît. Est-ce que d’une vraie tendance qu’il s’agit ou bien d’une pratique qui a toujours existé, accompagnée les constructions mais qui est restée mal connue ou peu utilisée ?

Pour chercher la réponse il va falloir revenir en arrière, explorer les pages de l’histoire de l’architecture. A l’époque où tous construisaient avec des matériaux naturels, par obligation, car disponibles dans leurs contrées. Certains même ont eu recours à des méthodes toujours naturelles pour protéger leurs constructions de la chaleur ou du froid. De l’architecture vernaculaire jusqu’aux maisons scandinaves, l’homme a su s’adapter au climat, aux changements de tout genre aux conditions de vie difficiles et désagréables.

Dans ces anciennes pages de l’architecture, on trouve le bois, très répandu, dans un nombre important de constructions. On y trouve les tours à vents, utilisées avant l’invention de la climatisation. Les patios pour faire entrer la lumière naturelle à l’intérieur des maisons. Les terrasses végétalisées, pour préserver certaines constructions du froid, du gel ou de la chaleur.

Des maisons des prairies « Prairie houses » de Frank Lloyd Wright jusqu’aux constructions en carton de Shigeru Ban en passant par les habitations très caractéristiques de Nader Khalili, toutes témoignent d’un large panel d’œuvres architecturales qui ont pu être caractérisées à l’époque comme des constructions de haute qualité environnementale.

Après avoir fait le tour du monde d’une architecture naturelle, organique et environnementale, on arrive à une explication rationnelle que ces notions ne sont finalement pas si nouvelles et innovantes que ça. Elles ont toujours existé, soutenu l’architecte dans sa conception et imposé certaines règles de bon sens. La différence aujourd’hui, c’est que les technologies émergentes et la prise de conscience du public aident à la propagation d’un tel « label » et sa réintroduction dans la construction. On assiste alors à un retour logique vers les fondamentaux d’une certaine discipline appelée « Architecture ».

11 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est toujours un plaisir de te lire.
Très beau billet!

P. Leroy

Sipane a dit…

Merci.

Scrapper's Run a dit…

Ajoutons à cela que les génies qui nous on precéder avaient également le respect du lieu, et en utilisant des matériaux de site, assuraient l'intrégration de leurs constructions dans l'environnement immédiat. Ecologique, économique et respectueux d'un lieu...
Je citerai en plus Hassan Fathy ^^ [ouais, je suis fan de lui ;) ]

Sipane a dit…

Hassan Fathy, pas négligeable!
J'avais lu un livre qui parlait de ses projets il y a un moment. ceci-dit j'en ai juste cité quelques-uns il existe bien d'autres.
Merci pour ce rappel:-)

Fabien B. a dit…

Ouai enfin le respect des lieux... les carrières où on extrayait la pierre pour construires les murs des maisons et des monuments ont transformés les sousols des villes en gruyère. au point arfois de les rendre dangereux.

Et si on prend l'exemple du bois pour la région parisienne, aujourd'hui il est un peu illusoire de croire qu'il est HQE de construire avec du bois. Puisque toutes les forêts de la région île de france sont classées zones naturelles ou espaces de loisir. Pour trouver du bois de construction il faut aller le chercher loin parfois à l'étranger. Et le transport pollue. Si on devait faire de nos forêts le matériaux privilégié de nos villes, les paysages autours n'auraient pas la même allure. ^^ d'ailleurs c'est ce qu'on voit sur les gravures anciennes de villes à lépoque des fortifications : des paysages sans arbres... ce serait étrange à notre époque.

Je me demande si dans les matériaux à la mode, ce qui viendrait du recyclage et de la culture du bamboo ne pourraient pas être une filière intéressante pour la construction. Sinon le béton a fait d'énorme progrès !

Sipane a dit…

Oui, le béton on trouve même le béton transparent aujourd'hui:-)
Le bambou a toujours été utilisé dans le sud est asiatique, on y revient avec le progrès.

luc dupont a dit…

Bonjour,
suite à votre article "Ca c'est Paris" sur le Moniteur je suis venu voir votre blog.
J'apprécie votre mesure, votre curiosité, la part de poésie que vous y mettez...
parfois j'aimerais que vous "entriez" un peu plus dans vos sujets, que l'on sente mieux ce que vous aimez (les tours...etc.). Mais bon, je ne donne pas de leçons!
Connaissez vous mon site?... vous y verrez aussi beaucoup de choses sur la Chine, le Japon...
http://www.paris-pekin.eu
Au plaisir d'échanger avec vous.

Sipane a dit…

Bonjour,
Vous n'êtes pas le seul à me "reprocher" de ne pas étaler mes textes, de rester parfois très objective et mesurée, d'autres me l'ont dit aussi. Je prends note et je vous remercie pour tous vos remarques ainsi que vos conseils, à tous.

Votre site, je ne connais pas, ça a l'air très intéressant, je prendrai plus le temps de le parcourir. En attendant, je mets un lien dans mon blog vers le votre.
Merci pour ce commentaire.

apc a dit…

J’avais évoqué cette question sur le thème de l’eau mais on peut aussi la démontrer avec l’architecture. Au fait, pourquoi t’as choisi une image avec un fond vert pour illustrer ton article ? Tu l’as fait inconsciemment ou c’est marketing? La seconde proposition étant peu vraisemblable, j’en conclus que le marketing a bien fait son boulot. ;-)

Green Is the New Color of Lobbying
http://online.wsj.com/article/SB122913358087103611.html

Sipane a dit…

Non, c'était voulu, parceque dans l'inconscient général aujourd'hui le terme HQE et la couleur verte ne font qu'un:-)
(bien que ce n'est pas toujours le cas).

apc produce design a dit…

Alors tu diffuses des images subliminales pour nous faire associer inconsciemment le sigle HQE avec la couleur verte? grrr Un autre exemple qui illustre très bien la fin de ton article sur les « certaines règles de bon sens », c’est le système d’imposition français qui faisait qu’à une époque plus t’avais de fenêtres, plus tu payais de taxe foncière. Des propriétaires en étaient arrivés à emmurer des fenêtres pour réduire le montant de leurs impôts. Aujourd’hui l’état accorde des crédits d’impôt aux personnes qui construisent des bâtiments moins énergivores, or l’un des moyens utilisés pour réduire la consommation d’énergie est d’éviter d’avoir recours à des sources d’éclairage artificiel en plein jour en laissant pénétrer la lumière naturelle à l’intérieur des bâtiments…