C’était un autre temps…
Dans son mouvement d’ouverture au monde, l’exposition s’est
intitulée « Terre des hommes »
d’après l’œuvre d’Antoine de Saint-Exupéry. C’était en 1967 à Montréal.
Habitat 67 est né. Un manifeste que n’importe quel étudient
d’architecture entend au moins parler une fois lors de son cursus.
Il s’agit d’une idée révolutionnaire que Moshe Safdie a
élaboré en s’appuyant sur sa thèse « A Three-Dimensional Modular
Building System ».
L’architecte a cherché, via ce projet, le cumul des
avantages de la maison individuelle et celui de l’appartement (déjà à
l’époque !). D’où l’imbrication et l’empilement de 354 modules en béton
préfabriqué pour un résultat des plus impressionnants.
Safdie pensait inclure dans le programme à la fois des
logements, des boutiques et une école. Malheureusement comme pour de nombreuses
conceptions de nos jours, les restrictions budgétaires l’ont poussé à changer
ses idées de départ. Le projet final comprend seulement des logements.
En 2009, Habitat 67 a été classé « monument
historique », c’est le premier édifice moderne qui a obtenu cette
reconnaissance au Québec.
Aujourd’hui, cet ensemble de 45 ans avec ses cubes
enchevêtrés, ses terrasses visibles de loin, ses puits de lumière, ses cages
d’ascenseur et ses passerelles en hauteur protégées en plexiglas, continue
toujours à attirer l’attention.
Ce pavillon thématique admiré de milliers de visiteurs lors
de l’exposition universelle n’est plus cette sculpture gigantesque d’autrefois
mais un ensemble contemporain de logements que les habitants ont adopté et en
parlent avec admiration. L’architecte qui a voulu offrir « un fragment de
paradis pour chacun » semble avoir réussi son pari…
D’autres photos se trouvent sur ma galerie publique :
ici.
