8 juin 2008

Les tours...


Une voix s’élève à Dubaï, la ville qui, actuellement accumule les tours…
Je réagis à ce dialogue entre les architectes pro et contre tours. Les habitants de la ville qui ne supportent pas de voir des tours dans leur ville, les trouvent moches et vilaines et ceux qui par leur culture sont amenés à apprécier ces tours. La tour objet de discorde aujourd’hui pour certains et porteuse d’une solution de demain pour d’autres.
Pourquoi pas finalement une tour, des tours ?
Oui, une tour, celle qui aurait une hauteur raisonnable, comprendrait plusieurs fonctions, une tour ouverte et accessible se trouvant dans un quartier pensé pour elle. Une tour qui ne serait pas parachutée dans un lieu étranger où elle se sentirait seule et délaissée. Un regard du genre nouveau qui l’intègrerait à un programme vaste et qui lui donnerait un rôle primordial dans l’ensemble.
On veut faire des villes nouvelles ? Et pourquoi pas avec des tours ? Des villes entières pensées et vues autrement. Des quartiers entiers où il ne s’agit pas de faire la course de la tour la plus belle, la plus haute ou la plus puissante ni d’évaluer et noter le meilleur architecte qui l’a réussie mais des quartiers mixtes où on pourrait trouver aussi bien des tours d’habitation que des bureaux. Des espaces verts, des vides et des pleins, en un mot un morceau de ville.
Revenons un peu en arrière, les tours ont toujours existé dans l’histoire et à travers le monde. Du Yémen qui a vu naître les premiers gratte-ciel de l’histoire jusqu’à Dubaï aujourd’hui l’exemple d’une verticalité nouvelle montrée par le monde, en passant par Chicago ou Singapour. Certaines les ont construit par besoin comme c’était le cas dans les pays du sud-est asiatiques où l’on trouve des villes entières en verticale. D’autres aujourd’hui prennent l’exemple d’une réussite chimérique vers une course qui les différencie de leur voisin.
Et la France dans tout ça ?
Une France qui a vu défiler les tours par besoin aussi, juste après la guerre. Des tours et des barres pas toujours esthétiques mais qui avaient une seule vocation loger le plus de monde. Aujourd’hui quand on parle de tours, les regards se dirigent vers ces tours témoins d’une époque pas toujours appréciée. Pourtant, la France du XXIème siècle commence à penser autrement. Avec les projets de tours de Marseille jusqu’à La Défense, les concours et les architectes internationaux se croisent. Mais pour quel genre de tours ?
Cet article est une réaction à l'article suivant publié sur plusieurs sites d'architecture.
Une réaction a déjà été publiée par Jean-Philippe Hugron: ici.

Cet article a été publié sur lemoniteur.fr et vous pouvez le trouver: ici.

8 commentaires:

David Orbach a dit…

Ah Sipane, j'étais sûr que vous aimeriez les tours !

Vous dites, une tour "d'une hauteur raisonnable". Je trouve cela un peu triste. Tant qu'à faire une tour, autant qu'elle ait une hauteur folle, qu'elle soit fière d'être ce qu'elle est. Si elle est moche, que l'on salue au moins l'exploit technique.

Amicalement

Sipane a dit…

Une "hauteur raisonnable" pour un ensemble de tours David, pas pour une tour toute seule, un symbole ou un signal. Une hauteur raisonnable pour des tours d'habitation mixtes, les tours du futur, celles qui jouent un rôle dans leur ville, font partie d'un ensemble comme les a étudié bon nombre d'architectes dans le passé. Des tours oui mais loin et très loin de certaines villes denses anonymes et artificielles qui sont en train de naître aux quatre coins du monde. Des quartiers entiers qui tout en gardant l'histoire de la ville ajoutent une valeur à cette dernière.

Et s'il s'agit d'une tour, une seule pour se démarquer, oui qu'elle soit folle mais juste une et comme l'image de la tour Eiffel qu'elle soit LA symbole, là, je ne suis pas contre, bien au contraire mais qu'elle soit unique...

Merci beaucoup pour votre article et vos réactions.

François a dit…

Un débat intéressant, Merci à David de l'avoir lancé.
Si je comprends bien, tu es pour une ville et des tours mais pas ce que tu semble connaître à Dubaï?

Sipane a dit…

Il faut le remercier aussi sur son site.
Oui, François, une ville qui tout en gardant son histoire puisse dans certains endroits accueillir ces tours. Mon point de vue est différent de ceux qui veulent absolument les tours les plus hauts, symbole d'une réussite économique ou autre mais juste une ville capable de penser d'intégrer des quartiers de tours. Peut être finalement une ville imaginaire qui laisserait aussi un peu de place aux tours sans perdre son charme ni oublier son histoire.

Fabien B. a dit…

"Tour ou pas tour...", le vrai problème est de savoir ce que l'on met dedans. A quoi est-ce que ça sert une tour ? il faut voir le projet de la tour Signal (remportée par Nouvel), pour moi c'est en partie raté parcequ'il n'y a pas de programme dedans. c'est vide et c'est pour ça que l'on ne voit pas l'intérieur de ces projets d'ailleurs.

Et puis après se poser la question du gabarit. A partir de quand parle-t-on d'un immeuble de grande hauteur ? est-ce que 10 étages c'est haut ? (tout dépend du lieu)

Ou encore de voir le rapport entre la tour et son environnement. J'aurais tendance a penser que plus une tour est haute, plus il lui faut de "vide" autour d'elle. C'est un peu la vision du Corbusier, du bel objet architectural au milieu du parc, ou en pleine et rase campagne. Seulement sa vision qui est tombée déformée dans les grands ensembles ne prévoyaient pas les parkings, la ville et l'espace urbain qui se sont fait autour et à la place de ces "espaces verts".

Un bâtiment comme une tour c'est de architecture a l'échelle d'une ville. C'est une ville à part entière. Qui devrait se suffire à elle même. C'est presque une vision de science fiction (comme les soucoupes volantes qu'on voit se poser en plein champs). Or, elles ne sont pas vécues ni conçues comme ça.

D'où un problème de rapport au contexte, certainement ?

La ville (dense) est-elle compatible avec les tours ?

En attendant les projets de tours à Paris (et autour) sont pléthore et attendent endormis dans les cartons des architectes...

Sipane a dit…

""Tour ou pas tour...", le vrai problème est de savoir ce que l'on met dedans. A quoi est-ce que ça sert une tour ? "

C'est pour ça j'ai fini mon billet avec une question: quel genre de tours?
Et pour savoir ce qu'on met dedans, il faut tout d'abord être d'accord sur le principe ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

Merci pour ton commentaire.

Anonyme a dit…

très bien ce papier sur lemoniteur-expert.fr, j'ai signalé l'existence de ton blog

jf degioanni, le Moniteur

Sipane a dit…

Merci et très contente que ça te plaise.