Dès son enfance à Marseille, une visite à l’unité de Le Corbusier était le déclencheur de cette perception de l’espace architectural, une étape inconsciente qui marquera son parcours professionnel 30 ans plus tard. Après l’éducation nationale où il a passé près de dix ans, alors qu’il avait envisagé, avec un ami, la création d’une ligne de mobiliers, on lui a demandé l'élaboration d’un concept pour une boutique en franchise. C’était le premier pas dans l’aménagement de l’espace, une démarche dans le monde du design qui depuis ne s’est plus arrêtée.
Quand on demande à Maurice quel genre de matériau il aime utiliser dans ses conceptions, il répond qu’il n’a pas de matériau de prédilection. Et bien qu’il aime le béton et le bois de cèdre, pour lui à chaque matériau sa place suivant l’effet qu’il procure. Entre deux phrases, il confie qu’il préfère la conception à un travail suivi d’un chantier qui se révèle de plus en plus contraignant. Les difficultés qu’il évoque ne sont que révélateurs de cette route épineuse et longue que prend naturellement chaque architecte pour pouvoir réaliser ce qu’il entreprend. C’est pourquoi pour lui, le design et plus précisément le mobilier est devenu cette panacée, la lignée où loin de toute prétention on peut aussi bien créer et se découvrir.
Quand on lui pose la délicate question de l’architecture contemporaine, il répond en toute spontaniété : « C'est une tarte à la crème, mais comment faire sans Palladio, Ledoux, Corbu, Mies, puis Barragan, Murcutt, Souto, et peut-être plus que tous, Zumthor? »
Toutefois et en dehors des quarante boutiques parsemées sur le territoire français, Maurice Padovani a à son actif une exceptionnelle
chapelle, entre subtilité et sérieux, qui nous transporte vers une architecture où la simplicité fait corps avec l'émotion dégagée. Citons aussi entre autres, la conception de
cette maison qu’il fait visiter chaque année durant les "journées de la maison contemporaine" et qui pour lui serait une manière de raconter son parcours, de commenter et de scruter comme un spectateur étranger ce travail accompli qu’il a tant perfectionné…
Le site de Maurice Padovani:
ici.